Baptisé Mobilegeddon par certains, ce mardi 21 Mai 2015, le moteur de recherche Google change d’algorithme, et donne des sueurs froides à de nombreuses entreprises dont les sites ne sont pas « mobile friendly« .

Pourtant, la firme de Mountain View avait annoncé ce changement, dès la fin du mois de février dernier,  en diffusant un communiqué. Assez rare pour être souligné, tant l’entreprise reste habituellement mystérieuse sur cet algorithme ultra-secret qui fait que votre site se retrouve référencé en première position ou au fond de l’océan des résultats qui se comptent aujourd’hui par millions. Ce ci montre que ce changement est plus important que tous les autres.

Pour argumenter ce changement majeur, Google, confrontée à la concurrence de Facebook dans le domaine de la publicité mobile, annonce que les consommateurs passent 127 minutes en moyenne chaque jour sur leur smartphone. D’où la décision prise, annoncée en février dernier, de modifier l’algorithme du moteur de recherche afin de favoriser, lors d’une recherche effectuée via un téléphone, les sites dont le design s’adapte à la taille de l’écran (responsive design), et dont les liens URL sont faciles à cliquer.

Il est important de préciser que rien ne change pour une requête sur PC ou sur tablette. Par contre, les sites « mobile friendly » (mieux adaptés graphiquement aux supports mobiles) seront systématiquement mis en avant lorsque vous effectuez une recherche Google depuis votre smartphone. Une compatibilité avec le support que l’entreprise évalue selon plusieurs critères : la taille du texte, ou la difficulté d’ouvrir des liens en cliquant avec le doigt sur l’écran, notamment.

Afin de ne prendre les webmasters au dépourvu, Google a mis à disposition des internautes un outil qui permet de tester le coefficient de mobile friendship d’un site . Le test nous permet, par exemple, de constater que la version mobile de notre site est « parfaitement compatible ».

Une étude réalisée an 2013 par un important réseau de publicités en ligne a montré que les sites apparaissant sur la première page de résultats de Google disposent d’un trafic généré à 92% par ce moteur de recherche. Ce chiffre chute à 5% pour ceux qui figurent sur la deuxième page, et à 1% pour la troisième page… L’étude à démontré également que sur cette première page, mieux vaut être tout en haut. En effet, la première position assure 33% de clics, tandis que les suivantes drainent, dans l’ordre, 18%, 11% et 8% de clics.

Selon Search Engine Land, la moitié des recherches effectuées sur Google viennent d’un appareil mobile. Et selon Amazon, 60% du trafic du site marchand pendant la période de Noël provient de smartphones.

Les webmasters et les propriétaires de site web, peuvent se rendre sur cette page de test de compatibilité mobile mis en ligne par Google afin de vérifier si leur site est “mobile friendly” ou non.

Pas de panique

Plusieurs entreprises dont une bonne part de leurs ventes passe via Internet, craignent un impact économique majeur sur leur chiffre d’affaires, vu l’importance prise par l’e-commerce. Une crainte qui n’est pas sans fondement, puisque l’agence spécialisée Search Foresight estime que les sites né répondant pas au critère Mobile Friendly risquent de perdre 10% du trafic global jusqu’à leur mise à jour.

Les PME, en manque de moyens et nous pouvant pas évoluer selon ces adaptations, sont évidemment les plus perdantes. L’ingénieur de Google Gary Illyes, a précisé que la « recherche locale » ne serait pas affectée, par le fait que neuf internautes sur dix s’arrêtent après la première page de résultats, ne rassure pas des entreprises plus modestes, qui craignent pour leur visibilité face à la surpuissance des grosse entreprises.

Les précédentes mises à jour de l’algorithme de Google, Panda et Penguin respectivement en 2011 et 2012, avaient bousculé nombre de sites web. Destinées à lutter contre les sites « de mauvaise qualité » qui abusent des liens pour améliorer artificiellement le référencement, les deux mises à jour avaient fait de nombreuses victimes chez les sites marchands. Le site d’enchère eBay avait ainsi perdu jusqu’à 80% de ses meilleurs classements.

Le nouvel algorithme pourrait réserver à son tour de bien mauvaises surprises. La société française Yooda spécialisée en visibilité web a passé au crible plus d’un million de sites. Conclusion:

En avril 2015, 64% des sites en France, ne sont pas prêts pour le mobile ! »
Les secteurs les plus touchés sont l’administration (27% de sites compatibles mobiles), l’immobilier (33%) et le e-commerce (37%).